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Cloé de L’amour est dans le pré nous parle avec émotion de sa fausse couche

Caroline Élie Caroline Élie Publié jeudi le 15 août 2019

Tabou? Non! Parlons-en justement.

La belle Cloé Gauthier, qu’on a connue lors de la cinquième saison de L’amour est dans le pré, a accepté de s’ouvrir sur le sujet de sa fausse couche en entrevue avec nous. La jeune maman du petit Malik, qui aura bientôt un an, dit vouloir enrayer les préjugés qui entourent ce triste événement qui malheureusement, se produit dans 15% à 20% des grossesses. C’est avec émotion qu’elle a accepté de s’ouvrir sur cette expérience afin de contribuer à la conversation entourant les fausses couches.

Cloé, comment vas-tu?

Je vais bien, je vais mieux. Cela fait déjà un mois maintenant que ma fausse couche est arrivée, disons que cela a été un grand choc au début. J’ai appris la nouvelle lors de ma première échographie, on m’a dit que son petit coeur ne battait pas. Ça a été tout un choc, je ne pouvais même pas parler, c’est mon copain qui a appelé mes parents pour leur annoncer la nouvelle.

Parle-nous de ce que tu as vécu.

Au début, je ne voulais pas y croire, je ne comprenais pas que cela puisse m’arriver. Je suis en santé, mon chum est en santé, et on a même un bébé qui est en pleine santé. De plus, j’étais déjà à 12 semaines, et rien n’indiquait que j’avais fait une fausse couche, car le bébé était encore en moi. J’ai donc appelé ma sage-femme tout de suite parce que j’avais besoin d’avoir une autre confirmation afin de faire mon deuil. Ma sage-femme m’a fait passer des prises de sang et au bout de 48 heures, on avait la confirmation que notre petit bébé était décédé. Cette dernière m’a conseillé de prendre des tisanes de persil et autres remèdes de grand-mère, ce que j’ai fait, et j’ai évacué le fœtus naturellement. J’allaite encore Malik, je voulais donc éviter le curetage et les procédures plus cliniques.

Quels sentiments te viennent en tête lorsqu'on aborde le sujet d’une fausse couche?

Au début, je dirais que c’est un choc, on se sent impuissante. Ce n’est pas de la colère, mais plutôt de la tristesse, et on ne peut rien faire mis à part l’accepter. Aujourd’hui, ça va mieux, parce que j’en ai parlé, ça fait du bien.

Qu’est-ce qui t’a donné envie d’en parler?

En fait, je n’avais pas vraiment l’intention de le mentionner au départ, mais je suis tombée sur un texte sur Instagram qui m’a grandement fait réagir. Cela parlait du tabou entourant les fausses couches, et ça m’a frustrée. Il fallait que j’en parle, que je le fasse pour les autres femmes qui vivent cela en silence. J’ai aussi lu des commentaires sur les médias sociaux suite à une entrevue de Kevin Bazinet sur la fausse couche de sa copine, certaines personnes ont écrit que ce n’est pas le genre de sujet dont on devrait parler à la télévision, mais plutôt qu’on devrait garder ça pour soi. Je trouve ça aberrant.

On sent tellement seule quand on vit cela, on s’isole, et pourtant, on ne devrait pas. On devrait pouvoir en parler ouvertement et ne pas se culpabiliser pour une chose sur laquelle on n’a aucun contrôle. Suite à ma publication sur Instagram et Facebook, j’ai eu beaucoup de messages de personnes qui m’ont dit à quel point cela leur faisait du bien de lire mes propos. Elles se sentaient moins seules, et elles se sentaient comprises, enfin. C’est vraiment dommage que les femmes aient honte de faire une fausse couche, et qu’à cause de la société, elles aient le sentiment d’être incapables de mettre un enfant au monde, d’avoir échoué.

Qu'aurais-tu envie de dire à celles qui vivent ou qui ont vécu la même chose? Y a -t-il des mots qui peuvent faire du bien?

Je crois qu’il n’y a pas de bons mots à dire, mais plutôt des mots à ne pas dire. J’ai entendu beaucoup phrases du genre ‘Ce n’est pas grave, tu en feras un autre’ ou encore ‘Il n’était pas dû’. Ces propos banalisent la peine et la perte qu’on vit. C’est un rêve qui ne naîtra pas. Tout ce qu’une femme a besoin lorsqu’elle vit une fausse couche, c’est de se faire écouter, et de recevoir de l’amour de ses proches.

Personnellement, comme on a déjà Malik, je sais que nous sommes capables d’avoir des enfants, mais j’ai beaucoup de peine lorsque je pense à toutes celles qui font des fausses couches à répétition.

Qu’aimerais-tu dire aux fans de L'amour est dans le pré qui t’ont envoyé des messages suite à cette histoire?

Cela m’a touché, évidemment, ça m’a fait du bien. Tous les mots d’encouragement et de support ont été les bienvenus, mais ce qui m’a le plus marquée, ce sont toutes les femmes qui m’ont écrit pour me dire à quel point elles se sentaient seules et tristes d’avoir vécu cela en silence. C’est pour ça que j’ai écrit mon texte sur les médias sociaux.

Malik va avoir un an bientôt. Comment se passe ta nouvelle vie de maman?

La maternité m’a changée, c’est sûr! Je suis toujours avec lui, je suis encore en congé de maternité d’ailleurs, je recommence à travailler dans deux semaines. Ce sera donc une autre étape, j’appréhende un peu le moment où je devrai l’envoyer à la garderie. Mais ça va super bien, je l’aime tant et il est super drôle et enjoué. Il adore se promener sur la ferme, il est obsédé par les camions et il salue toujours les tracteurs au passage! C’est vraiment super d’être sa maman.

Amour est dans le pré

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